Cogli la prima mela
Année 1979
Genre Rock
Note ★★★★★
★ Album culte

Titres

  1. 1 Cogli la prima mela 3:29
  2. 2 Se tu sei cielo 3:17
  3. 3 La strega 4:23
  4. 4 Donna ti voglio cantare 3:37
  5. 5 La raccolta 4:57
  6. 6 Colori 3:33
  7. 7 Il signore di Baux 4:32
  8. 8 Il gufo e il pavone 3:14
  9. 9 Ninna nanna 7:24

Mon avis

Angelo Branduardi – Cogli la prima mela : la ballade éternelle d’un Moyen Âge rêvé

Avec Cogli la prima mela, Angelo Branduardi compose bien plus qu’un album : il ouvre une porte vers un ailleurs hors du temps. Paru en 1979, ce disque semble surgir d’un manuscrit ancien retrouvé au détour d’un chemin, mais sa poésie demeure étonnamment actuelle. Entre mélodies médiévales, souffle folk et délicatesse romantique, Branduardi façonne un univers où la musique devient un langage universel, débarrassé des frontières et des époques.

Dès les premières notes, l’auditeur est plongé dans un paysage imaginaire fait de châteaux, de forêts, de légendes et de sentiments simples mais profonds. L’inspiration médiévale n’est jamais une reconstitution froide : elle est une émotion, une couleur, une manière de retrouver une forme de pureté musicale. Violon virevoltant, flûtes aériennes, cordes chaleureuses et rythmes dansants composent une atmosphère à la fois ancienne et familière, comme une mélodie que l’on aurait toujours connue.

La chanson-titre, Cogli la prima mela — « Cueille la première pomme » — résume l’esprit du disque : saisir l’instant, célébrer la vie, accueillir l’amour avant que le temps ne l’emporte. Branduardi chante avec une douceur presque fragile, donnant à ses récits une dimension de conte et de confidence. Ses textes, souvent nourris de poésie populaire et de traditions anciennes, parlent d’amour, de voyage, de nature et de quête intérieure avec une simplicité qui touche immédiatement.

L’une des grandes réussites de l’album tient à ses arrangements. Rien n’est démonstratif : chaque instrument semble avoir trouvé sa place depuis des siècles. Les mélodies s’enroulent avec grâce autour de la voix, créant une musique riche mais jamais lourde. La virtuosité du violon apporte une énergie dansante, tandis que les moments plus contemplatifs révèlent une profonde mélancolie. Cette alliance entre joie et nostalgie donne au disque son charme unique.

Cogli la prima mela possède cette qualité rare des œuvres intemporelles : il ne vieillit pas, car il ne dépend d’aucune mode. Son romantisme n’est pas sentimental, il est humain. Il parle du désir, de la beauté fugitive des choses, du lien entre l’homme et le monde qui l’entoure. À chaque écoute, l’album semble retrouver une nouvelle jeunesse, comme une vieille chanson transmise de génération en génération.

Un disque lumineux et enchanteur, où Angelo Branduardi réussit à faire dialoguer le Moyen Âge et la modernité, la tradition et la liberté, la simplicité d’une ballade et la profondeur d’une œuvre majeure.

Autres albums de Angelo Branduardi